La météo annoncée est incertaine. Cela compte beaucoup pour nous car c’est une des journées que nous attendions depuis le début. Une fois de plus, nous voudrions emprunter l’ancien sentier du GR pour franchir les célèbres aiguilles de Bavella. C’est un endroit très exposé à la foudre et très glissant en cas de pluie. Nous avons été très chanceux sur la météo depuis le début, mais le temps est moins clément depuis 2 jours et nous ne voulons pas prendre de risque… mais les aiguilles quand même..
Départ très tôt à la frontale pour avoir une chance de passer avant l’orage. Le gardien du refuge nous a bien dit de regarder la couleur du ciel : « si c’est noir, rebroussez chemin ». Pour le moment, pas de nuage à l’horizon. On marche d’un pas actif à la frontale, on manque même d’écraser une salamandre en vadrouille. Sa couleur noir et jaune fait très surnaturelle.
Nous atteignons le bas des aiguilles, il est 7h30. Point météo : pas de nuages. On décide d’attaquer l’ascension. Plus rapidement que prévu, nous nous retrouvons seuls au milieu de ces immensités rocheuses. La sensation est très étrange, on a presque l’impression de déranger, tellement nous sommes au milieu d’un décor magique. On ne regrette pas du tout notre choix de chemin!
On ne traîne pas trop à redescendre, déjà bien conscients de la chance que nous avons eu de pouvoir passer à travers les aiguilles.
Nous arrivons au refuge presque au sec, l’orage éclate 5 minutes après notre arrivée. Pause pic nique en discutant avec d’autres GRistes. L’orage se calme.
Nous sommes à une étape de l’arrivée. On ne saura jamais vraiment quand et comment mais on trouve la force et l’énergie de repartir pour tenter la descente finale vers Conca.
10 minutes après être repartis, la pluie reprend, nous sommes trempés et ça sera le même scénario pour les 3 prochaines heures.. ça évite de faire trop de pauses 🙂
Le paysage est magnifique mais le temps et la fatigue ternissent un petit peu notre émerveillement. On avance tels des robots puisant dans nos dernières réserves.
Il est 18 heures, nous arrivons à Conca après 32 kilomètres, lessivés, trempés mais tellement heureux!