GR 20 – Jour 13 jusqu’à Conca

La météo annoncée est incertaine. Cela compte beaucoup pour nous car c’est une des journées que nous attendions depuis le début. Une fois de plus, nous voudrions emprunter l’ancien sentier du GR pour franchir les célèbres aiguilles de Bavella. C’est un endroit très exposé à la foudre et très glissant en cas de pluie. Nous avons été très chanceux sur la météo depuis le début, mais le temps est moins clément depuis 2 jours et nous ne voulons pas prendre de risque… mais les aiguilles quand même..

Départ très tôt à la frontale pour avoir une chance de passer avant l’orage. Le gardien du refuge nous a bien dit de regarder la couleur du ciel : « si c’est noir, rebroussez chemin ». Pour le moment, pas de nuage à l’horizon. On marche d’un pas actif à la frontale, on manque même d’écraser une salamandre en vadrouille. Sa couleur noir et jaune fait très surnaturelle.

Nous atteignons le bas des aiguilles, il est 7h30. Point météo : pas de nuages. On décide d’attaquer l’ascension. Plus rapidement que prévu, nous nous retrouvons seuls au milieu de ces immensités rocheuses. La sensation est très étrange, on a presque l’impression de déranger, tellement nous sommes au milieu d’un décor magique. On ne regrette pas du tout notre choix de chemin!

On ne traîne pas trop à redescendre, déjà bien conscients de la chance que nous avons eu de pouvoir passer à travers les aiguilles.

Nous arrivons au refuge presque au sec, l’orage éclate 5 minutes après notre arrivée. Pause pic nique en discutant avec d’autres GRistes. L’orage se calme.

Nous sommes à une étape de l’arrivée. On ne saura jamais vraiment quand et comment mais on trouve la force et l’énergie de repartir pour tenter la descente finale vers Conca.

10 minutes après être repartis, la pluie reprend, nous sommes trempés et ça sera le même scénario pour les 3 prochaines heures.. ça évite de faire trop de pauses 🙂

Le paysage est magnifique mais le temps et la fatigue ternissent un petit peu notre émerveillement. On avance tels des robots puisant dans nos dernières réserves.

Il est 18 heures, nous arrivons à Conca après 32 kilomètres, lessivés, trempés mais tellement heureux!

GR 20 – Jour 12 jusqu’à Cuscionu

Une fois de plus, nous décidons de prendre l’ancien sentier du GR qui passe par les crêtes, surtout vu la réussite qu’à été notre première « infidélité ». Petite nuance pour cette variance, elle nous oblige à faire 2 étapes dans la journée puisque le chemin ne passe pas par le premier refuge. En effet, le nouveau chemin est maintenant partagé en 2 parties qui passent dans la vallée puisque le passage sur les crêtes est réputé trop dangereux.

Une fois de plus, on assiste à un lever de soleil grandiose au dessus des crêtes. Durant la première pause pic nique, le temps se couvre mais on n’y prête pas attention, et pourtant.. après 4 heures de marche, on attaque l’ascension ultime pour rejoindre le sommet le plus haut de la Corse du Sud, le Mont Incudine (2134 mètres).

L’orage approche, on accélère le pas. A quelques mètres du sommet, l’orage gronde. Avec tous les risques que nous connaissons à propos de la foudre en montagne, nous décidons de faire une pause. On s’abrite sous une roche (on apprendra après que c’était une très mauvaise idée). On s’équipe de nos vestes tempêtes, on pose les bâtons en aluminium bien loin de nous et on attend. Il pleut des trombes d’eau. Evidemment notre rocher n’est pas vraiment un toit digne de ce nom là, nous sommes donc trempés.

30 minutes plus tard, on aperçoit un groupe de randonneurs qui grimpe en direction du sommet, on décide de les suivre et on atteint le sommet après 10 minutes sous une éclaircie! On rejoint une croix, c’est impressionnant d’être si haut et en même temps beaucoup moins que les sommets du Nord. Les montagnes ressemblent plus à des vallons que des pics de haute altitude.

On repère ensuite le refuge en contre bas que nous atteignons après une descente d’une heure dans un pierrier. Ce soir, on peut l’avouer, les jambes tirent fort.

GR 20 – Jour 11 jusqu’au refuge d’Usciolu

Ce matin c’est de toute beauté. On assiste à un lever de soleil grandiose au dessus de la mer. Ce spectacle nous remplit d’énergie! Le chemin continue en longeant les crêtes. Quel sentiment de marcher au bord de la falaise, au dessus des montagnes. On se sent puissant et petit à la fois. Au détour d’une montagne, telle une foule de supporter, nous attendent des centaines de moutons. On passe quelques minutes à les observer et on se dit que leur cadre de travail est pas si mal!

On finit la journée avec une descente dans une cuve où se trouve le refuge.

On passe la soirée avec un québécois, ce qui nous rappelle quelques bons souvenirs 🙂 Ce soir, ce sera le meilleur spot de tente avec terrasse panoramique!

GR 20 – Jour 10 jusqu’au refuge de Prati

Notre route du Sud continue avec une étape plus longue aujourd’hui, 17 kms nous attendent avec un dénivelé raisonnable de 800 mètres positif.

On apprécie vraiment les chemins désormais plus à l’ombre et bien tracés. Les jambes sont de plus en plus lourdes mais on tient bon. L’étape se termine par une rude montée au soleil, on puise dans nos forces et on arrive au bout. Au sommet, un accueil chaleureux de vaches. On rejoint le refuge quelques mètres plus loin. La vue est grandiose, on aperçoit même la côte et on commence à penser à la fin.

GR 20 – Jour 9 jusqu’au refuge de Capannelle

C’est parti. On démarre la partie Sud. On pourrait presque commencer à décompter les étapes, mais on ne veut pas crier victoire trop tôt, la partie est loin d’être finie!

Néanmoins, nous voilà bien reposés et nous attaquons cette première étape détendus. Le chemin est d’ailleurs très agréable, on se perd dans nos pensées. C’est la première fois qu’on marche dans la forêt, à l’ombre, on apprécie d’autant plus.

Nous sommes seuls, beaucoup plus seuls que dans la partie Nord, ce qui nous laisse le luxe d’écouter les bruits qui nous entourent. On en perçoit notamment un très particulier, on s’arrête pour s’approcher et on observe, juste au dessus de notre chemin, un bébé marcassin! Petite vérification aux alentours, pas de maman ou de papa à priori. On passe quelques minutes à l’observer (pas trop longtemps quand même) et on reprend notre chemin.

Le chemin prend fin assez rapidement et nous arrivons au refuge à 13 heures. Toujours accompagnés de nos amis belges, nos chemins se séparent ici puisqu’ils décident d’enchaîner avec l’étape du lendemain, pour des contraintes de temps. Nous décidons quand à nous de prendre l’après midi de repos.

GR 20 – Jour 8 jusquà Vizzavona

Ce matin, nous avons décidé de faire une infidélité au GR (quoi que). Nous empruntons l’ancien sentier du GR, appelé maintenant variante car réputé trop dangereux vu le nombre de touristes qui l’emprunte chaque année. Ce chemin consiste à passer d’une montagne à une autre en marchant sur les crêtes.

Réveil dans la nuit noire, il fait froid ce matin. On entame notre journée à la frontale et on grimpe. Quelques pas plus tard et nous assistons au lever de soleil. Mais quel lever! Le soleil éclaire une mer de nuages coincée entre les montagnes. Plus on avance, plus on prend de la hauteur jusqu’à atteindre un point de vue unique. On ne le sait pas encore, mais ce paysage sera notre plus belle photo du GR.

Une fois en haut de la montagne, nous entamons une descente assez raide qui nous permet d’apercevoir le refuge. Nous arrivons donc assez tôt, il est 10 heures et on décide donc de commencer l’étape suivante. La journée s’annonce très rude, plus que prévue à vrai dire, mais une motivation toute particulière est présente. A la fin de cette nouvelle étape, nous avons terminé le Nord.

Nous enchaînons montée très rude en plein soleil avec descente rocailleuse, pour arriver enfin à la Cascade des anglais. C’est plutôt un regroupement de petites cascades située dans la vallée de l’Agnogne. On retrouve d’ailleurs nos amis belges et nous nous offrons une pause baignade plutôt fraîche!

On entame ensuite la dernière descente sur les rotules, les 2000 mètres de dénivelé négatif de la journée commence à se faire sentir dans les genoux. La ville de Vizzavona nous tend les bras et une surprise nous attend à l’arrivée puisqu’on retrouve d’autres randonneurs rencontrés plus tôt!

Nous fêtons nos retrouvailles, la fin de leur GR et la fin du Nord dans un bon restaurant avec une fin au gout de Myrthe (alcool local). On s’offre même une grasse matinée le lendemain, bien méritée!

GR 20 – Jour 7 La brèche de Capitello

Courte journée en perspective, 8 kilomètres étalés sur 6 heures avec une bonne grimpette de 800 mètres de dénivelé positif et une petite descente de 500 mètres.

L’ascension matinale nous permet de rejoindre le 2ème point le plus haut de la randonnée du GR (après le Monte Cinto) : La brèche de Capitello. On atteint 2200 mètres sur une pente de 600 mètres. C’est le 7ème jour, nos jambes commencent presque à être habituées (ou pas !).

Arrivés au sommet, le panorama est vertigineux : Le sommet de Capitello surplombe son lac du même nom. Nous sommes les premiers randonneurs de la journée à atteindre ce point. On profite du calme pour se poser quelques minutes. Nos amis belges nous rejoignent ensuite, on échange autour de la beauté de ce paysage et on continue notre route.

La suite est plus sinueuse, avec essentiellement des passages à « mains nues ». On finit en longeant une crête, qui nous donne le sentiment d’être au dessus de tout. Le refuge se dessine petit à petit en aval de notre montagne. Encore un effort pour descendre et nous arrivons, en plein dans le brouillard.

On perd une partie de notre groupe de randonneurs avec lesquels nous étions depuis l’étape 4, puisqu’ils sont contraints de doubler l’étape, à cause d’un timing serré.

La soirée est nuageuse, avec même quelques gouttes de pluie. Pour la première fois, nous aurons froid cette nuit, puisqu’il y aura beaucoup d’humidité.

GR 20 – Jour 6 Le lac Nino

Notre périple continue au petit matin, nous prenons le départ d’une étape qui s’annonce sympa : 23 kilomètres avec peu de dénivelé (600 positif).

L’ascension en plein soleil de la veille nous reste un peu dans les jambes mais la baignade nous a fait du bien et nous sommes en grande forme ce matin 🙂

Petite grimpette habituelle du matin, on la surnomme maintenant comme notre « warm-up » matinale. Elle nous réveille et nous met en jambes tous les matins !

Celle d’aujourd’hui prend fin assez rapidement. Nous atteignons un point de vue sur le lac Niño. Impossible de trouver les mots pour le décrire. C’est le 2ème plus grand lac de Corse, avec une superficie de 6.5 hectares. Les photos étaient impressionnantes mais la réalité l’est bien plus! Le soleil est avec nous, ce qui lui donne une couleur d’autant plus bleu.

Nous entamons notre descente pour rejoindre le lac et son plateau du Camputile. Quelques kilomètres et nous voici au bord du lac. Autre surprise qu’il nous avait réservé , la plaine abrite un troupeau de chevaux sauvages. On se sent tout d’un coup, transporté dans un autre monde. Le temps s’arrête, on est dans un décor presque féerique de nature et de calme, tel un jardin d’Eden. On observe les juments et leurs poulains curieux qui viennent nous saluer. Le départ tarde et se fait difficile, tant on voudrait rester ici pendant des heures.

Nous continuons notre chemin, qui pour la première fois du GR, est … plat! Ce petit luxe nous permet de reprendre un bon rythme de marche. Après avoir traversé plaines et forêts, nous atteignons une bergerie. Sans trop se poser de questions, nous pensons être arrivés au refuge. Nous posons nos sacs et commençons à souffler de cette chaude journée.

Il nous suffit de quelques instants pour lever la tête et apercevoir un autre bâtiment, sur la montagne d’en face. On comprend rapidement, qu’il est plutôt là bas le refuge, encore à quelques kilomètres. Nous finissons donc (vraiment) cette journée, quelques heures plus tard et qu’elle n’en fut pas notre surprise, quand nous retrouvons un couple d’amis belges rencontrés plus tôt, qui nous attendent en terrasse avec des bières! 🙂

 

GR 20 – Jour 5 jusqu’à Castel de Vergio

Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà remis de nos émotions. Le Monte Cinto est derrière nous, notre objectif des 4 premières étapes est atteint, nous pouvons nous concentrer sur la suite. Prochain but : finir le Nord et ses falaises.

L’étape du jour est réputée facile. En effet, d’après le topo, 600 mètres de dénivelé sur 6 kms, avec une durée annoncée à 4 heures. Pour autant, nous ne changeons rien à notre rituel : réveil 5h, rangement de la tente et des sacs, rapide petit déjeuner et départ à 6 heures. Pour le moment, ce rituel maintenant rodé, nous a plutôt bien réussi!

L’étape commence avec une descente, plutôt atypique mais nous savourons cette mise en jambes. On arrive assez rapidement sur un plateau où se dresse devant nous une scène venue de nulle part : des haltères, une corde à sauter et une poutre de gymnaste sont posés. Ils n’ont pas l’air du tout abandonnés. On apprend plus tard, qu’il y a une bergerie quelques mètres en contre bas, et que le gardien a pour habitude de monter faire ses séances de musculation ici, au milieu de la nature. Nous, on aime beaucoup le concept!

La descente terminée, nous entamons maintenant la première grimpette de la journée. C’est la première fois que nous montons en plein soleil, et on se rend vite compte que la fatigue n’est pas du tout la même! 3 heures plus tard et quelques litres de sueur en moins, nous voici en haut, on aperçoit le refuge à quelques mètres plus loin. Nous ne sommes pas seuls, nous retrouvons les groupes de la veille avec qui nous partageons une omelette, réputée dans ce refuge!

Il est 10 heures, on décide de continuer notre route. L’étape suivante est longue (8 heures), on opte donc pour une autre solution, faire une demi étape jusqu’à un gîte à priori 2h30 en contre bas, appelé Castel de Vergio.

La descente se fait dans une vallée au cœur des montagnes. Nous longeons un ruisseau qui nous fait de l’œil sous les 35 degrés de l’après-midi. Comme nous ne savons pas exactement la distance qu’il nous reste à parcourir, nous résistons à la tentation d’aller piquer une tête. Enfin.. 30 minutes après, ce fut une autre histoire. Nous voilà en train de faire la sieste, les pieds dans l’eau, posés au bord d’une piscine naturelle privée 🙂 L’eau est d’une transparence impressionnante et le calme qui règne vient s’ajouter à son charme.

Les batteries rechargées, nous reprenons notre chemin. Le temps nous parait long, les 2h30 promises sont passées depuis un bon moment et toujours pas de trace du fameux gîte. On continue néanmoins notre chemin, et 4 heures plus tard, nous atteignons un hôtel restaurant, sorti de nulle part. Nous retrouvons quelques GRistes posés en terrasse au soleil, qui nous apprennent qu’il y a bien une erreur dans le guide, les 2h30 annoncées sont en réalité plutôt proches des 4h. Nous nous apercevons ensuite, que le fameux gîte est bien ici, nous pouvons planter notre tente à l’arrière dans un champ, et il y a même des douches chaudes !! Nous finissons cette journée en beauté, en partageant un restaurant avec d’autres randonneurs.

GR 20 – Jour 4 : L’ascension du Monte Cinto

Nous y sommes.
L’ascension du Monte Cinto.
Plus haut sommet de Corse qui culmine à 2700 mètres d’altitude. Pas de surprise en regardant la topologie du jour, 1200 mètres de dénivelé positif et 1000 négatif, sur 7 kilomètres.
Il y a du monde, puisque le départ de cette célèbre étape peut être rejoint par bus. Raison de plus pour ne pas traîner dans notre routine matinale. On démarre à la fraîche en bas de cette gigantesque montagne.

On se suit d’assez près avec d’autres groupes mais ça nous donne une sorte de motivation mutuelle. Tel le peloton du tour de France, on grimpe et on regarde juste les pas de devant.
Après quelques heures de bonne grimpette, on arrive au petit plateau de Bocca Borba à 2100 mètres d’altitude. L’effort n’est pas fini mais on prend le temps d’admirer et surtout de regarder d’où on vient.

L’ascension reprend et soudain le temps s’arrête.
Au dessus de nous, un oiseau s’approche. Pas n’importe quel oiseau, puisqu’il a la carrure d’un aigle. Il s’approche de plus en plus près et on s’aperçoit que c’est un Altore. D’après le guide il y a seulement 6 couples dans toute la Corse. Il reste quelques minutes à nous encercler, son envergure est immense, il est majestueux.
Tout le monde s’est arrêté, le silence règne et on reste immobile dans notre ascension pour l’admirer. Est-ce qu’il avait repéré une proie parmi nous ou était il juste curieux? Nous ne saurons jamais mais ce moment restera inoubliable!

L’effort reprend, la partie escalade commence. Les roches à gravir sont de plus en plus raides. Nous faisons attention à chacun de nos pas pour ne pas déraper et dévaler la falaise.
Le jeu en valait la chandelle. Nous atteignons enfin le sommet, un drapeau tibétains et plein de gens nous accueillent, quelle fierté!

Nous prenons le temps de grignoter en échangeant avec d’autres groupes.
La descente se fait dans un gros pierré pas très agréable, mais les kilomètres passent assez vite.

Notre soirée au refuge sera sous l’accent belge, puisque nous rencontrons 2 groupes belges. Ce sera aussi le premier essai de la Myrthe, liqueur très populaire en Corse.
Nous avons franchi les 4 étapes les plus dures du GR, et ça il fallait le fêter. On est fiers !