GR 20 – Jour 3 jusqu’au refuge d’Ascu Stagnu

On le sait, celle-ci va être dure. L’étape d’aujourd’hui prévoit 6 heures pour gravir 800 mètres de dénivelé positif et 400 négatif, sur 5 kilomètres.

On passe une première passerelle suspendue assez vertigineuse mais le chemin est ensuite très praticable, comparé à l’escalade de la veille. Nous trouvons rapidement notre rythme, on avance et ça fait du bien au moral.
Premier arrêt au lac de la Muvrella, le point de vue est très étendu sur la vallée. Le soleil se lève doucement, nous profitons des dernières zones ombragées pour finir notre ascension.
Encore un dernier effort et nous atteignons les 2000 mètres d’altitude du col de la Muvrella. On retrouve du monde au sommet, les discours tournent rapidement autour du paysage : c’est magnifique. On est au cœur des montagnes corses et on se rend compte que la côte s’éloigne de plus en plus.

Il nous reste maintenant une dernière bonne descente et nous arrivons à la station de ski qui fait office de refuge puisque fermée en été. On retrouve même un peu de civilisation, puisqu’une route dessert la station et quelques bus circulent.
On prend le temps de se reposer et de sympathiser avec des randonneurs qui nous suivent depuis le premier jour. Les discussions tournent assez rapidement autour de l’étape du lendemain, la plus dure du GR..

GR 20 – Jour 2 jusqu’au refuge de Carrozzu

Départ toujours aussi matinal, pour éviter une ascension sous fortes chaleurs. La nuit a été mouvementée, dû à d’autres randonneurs qui faisaient le GR dans l’autre sens et qui fêtaient leur dernier nuit comme il se devait. Les jambes tirent au réveil, le dos aussi mais à notre grande surprise, très peu d’ampoules. Nous voilà donc rassurés!
Aujourd’hui nous attendent 700 mètres de dénivelé positif et 900 mètres de dénivelé négatif, sur 6,5 kms. Le guide annonce 7 heures. Ce temps nous parait très long, on commence à se questionner sur ce qui pourrait nous ralentir. Sans se poser davantage de questions, on se dit que ça doit être lié au fort dénivelé. En fait, ça sera bien pire que ça…
Mais revenons à notre énergie et bonne humeur de début de journée. La première ascension est en effet coriace, avec de grosses aulnes, telles des marches à gravir. Les cuisses ne tardent pas à chauffer!

Arrivée en haut, nous marchons au bord d’une falaise qui donne sur le cirque du Ladruncellu à 2000 mètres d’altitude. Cette sensation vertigineuse donne un charme tout particulier à cet endroit. Nous restons quelques minutes à admirer ce paysage sauvage, ce qui nous permet aussi de reposer nos jambes.
Après ces émotions, nous reprenons la route avec une idée en tête : trouver le refuge.

On aperçoit assez rapidement sur la montagne d’en face un autre chemin. Il nous parait loin mais on se fait rapidement à l’idée que la journée est loin d’être finie et on enclenche un pas soutenu.
Nous sommes assez vite arrêté par une première paroi à grimper, assez atypique pour une randonnée.
Une fois ce mur franchi, on s’aperçoit que c’est le premier d’une longue série!On découvre ainsi une des caractéristiques des sentiers du GR : la roche. Et pour la franchir, pas d’autres choix que de pratiquer l’alpinisme. Qui ne s’avère pas si évident avec 10 kilos sur le dos
2 heures plus tard, nous voilà au bout de ces passages difficiles. Même si nous n’avons pas avancé de beaucoup de kilomètres, nous sommes contents d’avoir fini ce passage sportif 🙂

On aperçoit ensuite le refuge en contre bas, il nous reste environ 2 heures de descente dans les cailloux.
On enclenche un pas soutenu, enfin pas pour longtemps.. Clara dévale rapidement la pente non pas sur les jambes mais sur les fesses, emmenée par son sac. Quelques égratignures seulement mais une belle frayeur qui calme un peu notre rythme.
Le mental est toujours là, on arrive au refuge sous la pluie. Nous avions un peu sous estimé cette étape. Celle du lendemain est décrite comme encore plus difficile. On va donc aller lire la typologie, manger un bon plat de pâtes chaud et finir par se reposer sans tarder.

 

GR 20 – Jour 1 Le départ de Calenzana

Il est 5h, le réveil sonne, notre rituel de rangement de tente et matériel commence. 6h, nous prenons le départ avec un mélange d’excitation et de peur. Nous grimpons dans le village de Calenzana à la recherche du départ du GR. Pas de grande difficulté pour le trouver, puisque malgré l’heure et la nuit, nous ne sommes pas les seuls au départ de cette belle aventure.

La première ascension nous offre rapidement une magnifique vue du village encore endormi. On s’éloigne peu à peu de la côte, pour s’enfoncer dans les montagnes, qui nous tiendront compagnie pendant les semaines à venir.

Quelques heures de marche plus tard, premier bilan de la difficulté de ce sentier redoutable. Le principe est assez simple, on grimpe, comme on pouvait l’imaginer, on redescend, pas de surprise non plus, on grimpe à nouveau, on redescend et on grimpe encore, et ce jusqu’à trouver le refuge.

Psychologiquement c’est assez compliqué de ne jamais savoir si c’est la dernière montée de la journée, alors on avance et on se dit qu’il en reste toujours une autre derrière 🙂
On tire une leçon de cette première journée et on se note de lire les topologies de notre guide chaque soir pour anticiper l’épreuve du jour d’après. Et oui, parce que la force des jambes se trouve dans le mental!
Nous arrivons au refuge à 14h, après avoir grimpé 1360 mètres sur 10,5 kms, nous nous endormons sans trop de difficulté..

 

Jour 0 – Une nouvelle aventure

Quelques mois après notre retour en France, nous voici de nouveau avec la bougeotte. Une idée de longue date traîne dans nos esprits. Etant grands amateurs de randonnée, de jolis paysages et quelque peu de défis sportifs, la voie semblait toute tracée en direction de la randonnée la plus difficile d’Europe : le GR 20.
Ce sentier permet de traverser la Corse du Nord au Sud à travers pas moins de 200 kms et 15 000 mètres de dénivelé. Evidemment, tous ces efforts sont récompensés car c’est aussi un des plus beaux sentiers d’Europe.
La traversée s’effectue en 16 étapes, le Nord en contient 9 et est réputé comme la partie la plus technique. Le Sud est moins vallonné mais offre des journées plus longues en kilomètres.

Nous voici donc à la veille de notre départ, nous n’avons pas vraiment pris le temps de travailler sur ce projet si ce n’est l’achat de bons équipements, quelques randonnées dans les Pyrénées et surtout 3 semaines de vacances devant nous, ce qui nous laisse le temps d’une étape par jour.

 

 

Cauterets – Col d’Aratille et Col des mulets

Après quelques mois de pause dû à notre retour en France et notre emménagement, nous repartons sur les sentiers de randonnée pendant le long week-end de l’Ascension.

On choisit d’aller profiter du beau temps dans les Pyrénées, proche de Cauterets, pour gravir les cols d’Aratille et des mulets. Il y aura donc.. du dénivelé. Mais c’est un choix voulu, cette reprise marque aussi le début d’un entrainement pour notre prochain défi sportif/voyage… à suivre! 🙂

Départ donc jeudi après midi sous un soleil de plomb avec une température estivale à plus de 25 degrés. Équipés de nos nouveaux sacs à dos de randonnée, nous voici partis pour la première journée de randonnée qui se terminera au refuge Wallon. Nous sommes accompagnés d’un ami, voulant profiter de l’air de la montagne.

Nous observons assez rapidement la première faune, avec 2 isard au loin (un peu trop pour une photo) à la recherche d’herbe. On entend rapidement des marmottes, que l’on observe aussi quelques minutes plus tard.

Après 4 heures de marche et 500 m de dénivelé, nous arrivons au refuge. Il est situé dans une vallée, entourée de montagnes. On aperçoit même un peu de neige au loin, on se situe à 2100 m d’altitude. Le beau temps est toujours au rendez-vous, on profite des derniers rayons de soleil pour boire une bière et tremper nos pieds dans la rivière. Pas trop longtemps finalement, parce que l’eau est glacée 🙂 Ce refuge est le seul des Pyrénées a n’avoir pas eu encore droit à une rénovation. Disons qu’il y a pile poil ce qu’il faut pour dormir, ni plus, ni moins. A table, nous échangeons avec d’autres randonneurs. On partage nos parcours du lendemain, ce sera les cols d’Aratille et des mulets pour nous. Tiens, c’est marrant on commence à nous parler crampons et raquettes à neige. Equipements, qui, bien évidemment, ne font pas du tout partis de nos 10 kgs de bagages respectifs. Certains nous conseillent de partir tôt pour avoir une neige qui tient, certains plus tard pour qu’elle ait le temps de ramollir, certains sont plus catégoriques en nous recommandant de ne pas y aller. Après mure réflexion, on décide de se lever pas trop tôt ni trop tard et puis on opte pour du « On verra bien ». Et puis de toute façon, notre 2ème nuit dans le refuge, de l’autre côté des cols, étant déjà réservée, on n’a rien à perdre à le tenter.

Réveil matinal donc, qui nous permet d’admirer la vallée sous un autre angle, avec les couleurs du matin. On part à la fraîche, et on atteint rapidement le lac d’Aratille, au pied du col d’Aratille. Jusqu’à là, aucun soucis, pas de neige sur le chemin. Par contre, le lac est complètement gelé, et depuis ce point on peut apercevoir notre prochain destination, le col d’Aratille. On observe bien, vraiment bien même, le chemin à suivre grâce à une trace de pas dans la neige qui gravit le long du col. La montée s’annonce corsée mais on garde notre idée première « On verra bien ».

On glisse, on s’enfonce, et on galère. Mais surtout, on comprend beaucoup  mieux la question des crampons ou des raquettes, qui bien évidemment, nous aurait quelques peu facilité la tâche.  Sportifs que nous sommes, on lâche rien et on finit par venir à bout de cette montée. On arrive en haut du col, à 2500 m d’altitude. Que c’est beau! Une vue 360 sur la chaîne de montagne avec en premier plan le Grand Vignemale qui gravite à 3300 m face à nous. Il est évident que nous choisissons ce spot pour notre pose pic-nique.

Notre randonnée continue en longeant la montagne pour atteindre le début du prochain col. Après une traversée en devers, nous apercevons, au loin le col des Mulets qui s’élève face à nous. Puisque nous montons encore en dénivelé, il va sans dire qu’il y a de plus en plus de neige, et notre deuxième ascension s’annonce plus corsée. Surtout que la neige a eu le temps de fondre, donc on s’enfonce de plus en plus. Juste avant d’attaquer notre ascension, on croise un couple qui vient à l’inverse de nous. Ils ont l’air confiants, en nous disant que le chemin ne glisse pas trop par contre, oui on s’enfonce jusqu’aux genoux. Ils finissent par nous dire « Chapeau d’avoir grimpés sans crampons », bon c’est pas comme si c’était un choix délibéré mais on repart pas peu fiers de ce compliment. Cette deuxième ascension se passe sans encombres, si ce n’est qu’on prend notre temps, parce qu’en effet, on s’enfonce beaucoup et la montée est très raide. On fait attention à chaque pas, pour pas se retrouver à dégringoler dans la vallée. Après de beaux efforts, on atteint les 2600 m du col des Mulets. On est seuls au monde, on admire une nouvelle vallée, c’est à couper le souffle.

Maintenant qu’on est devenus des pros de la grimpette, une autre épreuve nous attend : la descente. Et pas n’importe laquelle, puisque le chemin est complètement enneigé et donc ça glisse. Je ne sais pas si ce sont nos cerveaux, nos âmes d’enfants ou encore nos cuisses fatiguées qui réfléchissent à ce moment là, mais ni d’une, ni deux, on pose nos fesses sur nos protections de pluie de sac à dos et on descend.. en luge ! On peut dire que ça marche plutôt bien! En quelques minutes, nous voilà presque en bas, d’où on aperçoit notre 2ème refuge, le refuge des Oulettes de Gaube.

Ce refuge est beaucoup plus moderne, il a d’ailleurs de la bière en pression! On sort le jeu de cartes, les tongs et on se repose. Après une soirée conviviale avec les autres randonneurs, il est temps de rejoindre notre dortoir et ses lits superposés à 3 étages.

Au réveil, direction notre point de départ, avec une bonne descente qui nous attend. Sur notre route, on croise beaucoup de marmottes, de moins en moins farouches les unes des autres. On arrive rapidement au lac de Gaube. Je ne sais pas si c’est l’effet de surprise mais Whouah. On en prend plein la vue. Il y a du monde certes, mais ça n’enlève pas la beauté de ce petit coin de paradis.

On arrive enfin au parking, toujours sous le même soleil de plomb mais avec un peu moins d’énergie qu’au départ. Ce week-end a l’air de la montagne permet de valider nos sacs de randonnée et recharge nos batteries pour reprendre le travail !

Epilogue

On y est. C’est fini. On clôture ces 4 mois de voyage en Amérique du Nord. On ferme aussi la page de ces 3 belles années en tant qu’expatriés. C’était fou, dingue et démesuré à la fois.

Puisqu’une image vaut mieux que 1000 mots, on vous propose de vous partager nos coups de cœur de ce voyage. Les Etats Unis et le Canada étant 2 pays très différents, nous avons opté pour un classement distinct.

Top 1 USA : Parc National de Glacier

Situé dans le Montana, ce parc borde la frontière avec le Canada. Nous avons adoré ce petit parc nature et plus particulièrement la randonnée Grinnell Glacier. C’était la première fois que nous voyons des lacs si turquoises entourés de montagnes enneigées. En plus de ce magnifique paysage, nous avons aperçu des grizzlis qui jouaient dans la neige. Un moment grandiose!

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Top 2 USA : Parc National de Yosemite

Yosemite est le deuxième parc le plus ancien de l’histoire américaine. C’est aussi l’un des sites les plus visités du pays. Nous avons aimé l’atmosphère qui régnait dans ce parc. Les sites de campings était au cœur de la vallée, ce qui faisait une expérience 100% nature. Nous avons particulièrement adoré les chutes Nevada et Vernal. Leurs puissances sont impressionnantes.

Nevada falls

 
Top 3 USA : Parc National de Bryce Canyon

Ce parc est connu pour ses cheminées de fée rougeâtres. En effet, on s’est cru sur Mars et on a adoré.

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Top 1 Canada : Lac Moraine

Le lac Moraine est un lac glaciaire situé dans le Parc national de Banff dans la province de l’Alberta. Bien que ultra fréquenté, ce lac est une merveille sur Terre. Si bien que nous sommes allé l’observer a toutes heures de la journée. On garde en souvenir ce magnifique lever de soleil qui donnait des teintes roses orangées à la montagne.

Lac Morraine


Top 2 Canada : Le parc national de Yoho

Ce tout petit parc situé proche de Banff nous a impressionné plusieurs fois. Mais on joue le jeu a fond et on retiendra un seul endroit, la randonnée des glaciers. Ce sentier qui longeait les glaciers en traversant les lacs turquoises nous a transporté.

Yoho NP


Top 3 Canada : Le parc National de Jasper

Ce parc au Nord des rocheuses a dépassé toutes nos attentes, et pourtant elles étaient hautes! En effet, c’était le passage que nous attendions depuis le début du voyage. Encore une fois, on se plie difficilement a l’exercice en ne retenant qu’une seule chose de ce parc. Un peu différent des autres coups de cœur, nous retenons tous les ours que nous avons croisé, presque un par jour et a une distance de plus en plus courte. Cet animal nous a séduit.

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Bien que nous ayons du faire des choix, certains endroits nous ont tout autant marqués. On notera le parc national de Glacier, la côte Californienne et ses baleines, l’aurore boréale au dessus du lac Pyramide, la voie lactée du lac Peyto, les falaises impressionnantes de Zion, les dunes de Greats Sand Dunes… et bien d’autres.

On espère qu’on vous a fait voyager et rêver à travers toutes ces photos et on vous dit à très bientôt pour de nouvelles aventures! 🙂

Calgary – Alberta

Notre visite de Calgary, plus grande ville d’Alberta, s’est fait en 2 étapes. Notre premier passage est tombé mi Juillet, en plein dans le plus grand événement de l’année de Calgary : Le Stampede. Il est aussi appelé rodéo de Calgary et il se vante même d’être « Le plus grand spectacle extérieur du monde ». C’est en fait un festival, une exposition et un rodéo de grande envergure qui dure dix jours.

Nous voici donc en plein milieu du festival, on se retrouve rapidement dans un autre monde, un monde de cow-boys. On entre dans une première salle ou est organisé une compétition de chiens. Tour a tour, ils doivent sauter pour attraper un freezbee, attraper un ballon dans une piscine de boules ou encore danser autour de leurs maîtres. Nous continuons notre tour en assistant a un entrainement de « Reining ». Cela consiste a accélérer très vite a cheval et s’arrêter net d’un coup. C’est impressionnant! Enfin, nous nous rendons au grand spectacle que nous avions réserver. Pendant près de 3 heures, nous assistons a différentes épreuves : rodéo a cheval ou taureaux, lâché de vachettes, barils ou encore lâché de poneys sauvages.

On a voyagé pendant ces quelques heures, comme transportés dans un autre monde que nous ne sommes pas prêt de revoir de si tôt.

Notre deuxième passage à Calgary correspond à la fin de notre voyage. Notre dernière semaine a servi a vendre le van. Nous avons eu de la chance, puisque la première visite a été concluante. Nous avons donc pu profiter de nos derniers moments pour visiter la belle ville de Calgary. Nous avons été surpris de constater que l’avenue principale est ornée d’une architecture très moderne. Le charme est complété par le côté vivant de cette avenue, composé de touristes mais aussi de beaucoup de business man.

Yoho National Park – Colombie Britannique

En route pour Yoho, un petit parc national (1313 km2 seulement!) proche de Banff, un peu moins connu mais qui n’a rien a envier a ses grands frères. « Yoho » est une expression en langue Crie qui exprime l’émerveillement devant les montagnes majestueuses de cette région que les tribus fréquentaient en été en y installant des camps de chasse temporaires.

On pensait d’ailleurs être au bout de nos surprises. Comme si ces paysages splendides de montagnes arborées de lacs turquoises faisaient maintenant partie de notre quotidien. Et pourtant.. Si on vous disait qu’il est possible d’aller randonner au pied d’un glacier, vous y croiriez? Nous non plus. Et pourtant.. A l’évocation du nom de la randonnée que nous avions ciblé, (Iceline trail), les bilingues auraient pu avoir la puce a l’oreille mais nous non, on est partis a l’aveugle comme une journée classique.

Sous un soleil de plomb, nous nous sommes rapidement retrouvés a gravir un sentier plus ou moins bien tracé, dans un gros pierrier. On avait l’impression d’être dans une avalanche d’été. Après avoir gravit 800m de dénivelé sur 3 petits kilomètres, nous avons commencé a lever nos yeux, on s’est alors rendus compte qu’en plus de se rapprocher des montagnes, les glaciers n’étaient plus très loin. Et c’est alors que nos neurones se sont connectés, et juste avant le dernier virage, on s’est senti comme face a un cadeau, prêts a défaire le nœud… On se demandait : Et s’il y avait un glacier juste derrière ce virage?

Et en effet, sur notre gauche, 2 immenses glaciers étaient là, à une quarantaine de mètres de nous, en train de bronzer au soleil.. Plusieurs petites cascades d’eau s’écoulaient de ces glaciers et venaient former des lacs turquoises juste à leurs pieds. Le spectacle était grandiose ! Et surtout, c’est un genre de paysage que nous n’avions encore jamais rencontré en randonnée. Nous nous sommes sentis tellement bien dans cette plaine que nous avons décidé de prolonger notre chemin pour faire une grande boucle de 20kms qui nous permettaient de voir d’autres glaciers. Cette randonnée restera une de nos favorites ! 🙂

Les jours suivants nous avions dans notre viseur un secteur un peu particulier: le lac O’Hara.

Ce petit joyau d’une beauté inégalée est très bien conservé. En effet, pour accéder à ce secteur, il faut prendre une navette sur 11 kms qui nous amène au départ des randonnées. Pour limiter le nombre de randonneurs et protéger la nature, il y a très peu de place et il faut réserver 4 mois en avance. Ce que nous n’avions évidemment pas fait 🙂

Mais il en faut plus pour nous décourager ! Nous décidons alors d’emprunter un moyen plus écologique: nos jambes ! On part donc pour 11 kms de route à pied en espérant pouvoir prendre la navette au retour. Au bout de ces 11 kms, ce petit bijou de la nature nous a largement récompensé. C’était beau! Vraiment beau ! Nous avons ensuite pris le départ d’une première randonnée pour aller voir le lac Oesa, c’était encore plus beau ! Et enfin nous avons fini par le lac Mac Arthur. Au bout de ces 25 kms de randonnée, nous avons croisé fort les doigts pour pouvoir redescendre en navette et.. ça a fonctionné ! Nous avons pu économiser nos jambes qui étaient déjà bien fatiguées.

La visite de Yoho s’est fini avec la découverte du Lac Emerald. Tout aussi beau que ces frères, d’un bleu turquoise presque surnaturel.

Jasper – Alberta

La découverte des Rocheuses continue plus au Nord avec le parc national de Jasper. Pour s’y rendre nous empruntons la route des glaciers. Cette route longue de 229 km est reconnue comme l’une des 10 plus belles sur terre. Les vues panoramiques le long de la route sont atypiques et grandioses. On se retrouve assez vite entourés de glaciers tous plus impressionnants les uns des autres.

Une note très décevante a noirci ces beaux paysages. En effet, les bus touristiques sont de la partie et ils sont même autorisés a rouler sur le glacier, pour déposer les touristes. Pourtant de nombreux messages concernant le réchauffement climatique et notamment la fonte ultra rapide des glaciers ne manquent pas… Une belle contradiction!

Ce point négatif ne nous a pas refroidi et nous avons rapidement pris le départ d’une premiere randonnée, la Wilcox pass. Depuis ce col, nous avons pu voir les glaciers de plus haut, les monts Athabasca (3,491m) et Snow Dome (3,456m) dominent l’horizon. Malgré un rapide passage de grêle, le soleil était au rendez vous et l’énergie aussi, donc nous décidons de partir sur une deuxième randonnée. (La version officielle étant que nos 2 amis de voyage sont des marathoniens..)

Parker Ridge, est un incontournable pour tous les randonneurs de la région des glaciers de Jasper. Encore une fois, on pourrait dire la même chose pour tous les sentiers autour de ces glaciers, toute la zone est juste, bien … un peu au-delà de la croyance. Cette courte randonnée est en fait une seule grosse grimpette pour se retrouver au cœur des montagnes, vu sur les glaciers.

Les jours suivants ont été moins marrants puisqu’il a plu sans cesse pendant 3 jours. Nous avons tout de même pu visiter 2 chutes, avec un débit impressionnant. Les chutes de Sunwapta et Athabasca. Une petite pause photo entre 2 gouttes avant que le déluge reprenne.

Apres 3 jours de repos forcé, on retrouve finalement le soleil et on repart plein d’énergie. Nous voila arrivés dans la vallée des 5 lacs. On se promène le long de ces 5 lacs turquoises et on profite de la chaleur.

On enchaîne plusieurs journées de randonnée toutes plus épatantes les unes que les autres. On retiendra la randonnée Sulphur skyline qui nous a coupé les 2 jambes mais aussi coupé le souffle arrivé au sommet : une vue 360 sur toute la chaîne de montagne des Rocheuses. De retour au point de départ de cette randonnée, des piscines chaudes naturelles nous attendaient, de quoi retrouver nos jambes 🙂 On notera aussi la visite du Canyon Maligne et ses impressionnantes crevasses de calcaire entourés de ses piscines turquoises. Et enfin, on n’oubliera jamais la randonnée Bald Hills, qui fut la dernière avec nos compagnons de voyage qui devaient rentrer en France. Encore une montée éprouvante, on a cru perdre nos jambes (une fois de plus) en montant cette crête mais nous étions cette fois ci, seuls en haut (c’est rare!) et c’est sûrement ce qui a fait que nous avons adoré ce moment au milieu des sommets.

Jasper a été riche en paysages mais surtout très riche en vie sauvage. En effet, durant notre semaine, nous avons croisé un ours par jour.. On a donc enfin pu prendre des photos de plus en plus proche. Nous avons rencontré différents types d’ours, un premier, avait l’air affamé puisque nous l’avons croisé en train de se goinfrer de baies! Dans la foulée, un deuxième croise notre route. Celui ci avait aussi faim mais a défaut de baies, on pense qu’il cherchait des racines. On l’a observé soulever des cailloux pendant un long moment. D’ailleurs, nous étions contents d’être dans notre voiture pour observer cet ours la qui était, très proche!

Enfin pour clôturer cette magnifique semaine, nous sommes repartis en chasse mais pas d’ours cette fois-ci. Nous sommes allé regarder le coucher de soleil à Pyramid Lake et nous avons attendu, 1 heure, 2 heures… Quand tout à coup, vers 2 heures du matin, derrière les montagnes, nous avons vu ce phénomène vert si rare que nous chassons depuis quelques mois déjà, une aurore boréale ! Un moment magique puisque c’est la première fois que nous avons la chance d’assister à ce spectacle. L’émotion était au rendez-vous !

Banff et Lake Louise – Alberta

Les Rocheuses. On y est. Enfin. Le rêve de tout voyageur. Notre rêve. Les paysages grandioses de l’Ouest canadien. Le patrimoine de l’UNESCO.

Sommets aux neiges éternelles, lacs d’un bleu étincelant, forêts à perte de vue, ours et caribous, glaciers et torrents… Le décor est bel et bien là. C’est grandiose!

On commence par le canyon Johnston, une des merveilles du parc. Le sentier nous mène à une première cascade. L’accès est assez facile donc il y a beaucoup de monde. On avance rapidement pour se rendre à la deuxième cascade ou on perd un peu de touristes. On observe les profondes piscines créées par le fort débit de l’eau plongeante. On s’enfonce un peu plus dans la forêt pour se retrouver quasiment seuls sur le sentier. Après une petite grimpette, on arrive dans un havre de solitude et de paix : les sources Ink Pots. Ce sont des sources de minérales vertes, magnifiques. On prend notre pic nique au bord de la rivière au soleil avant de rentrer.

Dimanche. Réveil matinal. On est le 15 Juillet. Dans un bar entouré de français, on savoure la victoire de l’équipe de France à la coupe du monde. Même au bout du monde, les supporters sont là!

On fête tout ça en prenant un bon brunch en terrasse au soleil toujours en compagnie de nos amis rencontrés plus tôt dans le voyage. Le reste de la journée nous permet de visiter la ville de Banff. Elle est considérée comme une station huppée des Rocheuses. On trouve le centre ville très mignon, telle une petite station de ski des Alpes.

Le lendemain, cap sur le Lac Louise, un autre incontournable des Rocheuses. Victime de sa célébrité, le lac est très fréquenté, trop pour nous, ce qui casse presque son charme. On décide de prendre de la hauteur pour l’observer, plus au calme. La randonnée nous mène à un premier lac, le Mirror Lake. On est loin des foules et on apprécie ce lac caché dans la forêt, qui reflète ses montagnes voisines.  Un peu plus loin, un arrêt sur un point de vue qui surplombe le lac Louise. On se rend alors compte de sa couleur turquoise laiteuse et on commence même à l’apprécier. On continue notre chemin pour trouver le Lac Agnès, petit lac de montagne. Je ne sais pas si c’est le prénom qui joue mais le lac qui sublime!

Puisqu’il nous reste encore un peu d’énergie, on tire la randonnée jusqu’à la plaine des six glaciers. On grimpe sur une arrête entre les montagnes majestueuses. On reste à observer l’immensité des sommets. Tout à coup, un bruit arrive de loin tel un orage, le soleil est pourtant au rendez vous, c’est en fait une avalanche! Un énorme bloc de neige qui se décroche d’un sommet! Nous sommes à distance de sécurité donc on peut juste observer le spectacle, c’est impressionnant!

On prend le chemin du retour, pour clôturer ces beaux 21 kms de marche.

Le lendemain matin, un réveil un peu différent puisque l’alarme sonne à 4h30. Non, nous ne nous sommes pas trompés d’horaire, nous partons au Lac Moraine pour observer le lever de soleil. Ce lac étant un des lacs les plus populaires des rocheuses, il y a du monde tout le temps et c’est particulièrement plein entre 8h et 20h. Arrivée à 5h30 au lac, il y a quelques courageux photographes mais c’est assez calme. Encore quelques minutes de patience et nous observons le Soleil colorer les montagnes en se levant. Les contrastes des falaises roses et du lac turquoise forment un cadre presque irréel. Après une petite sieste, nous décidons de tenter l’expérience baignade dans le lac. Il faut savoir que sa température ne dépasse jamais quelques degrés au dessus du point de congélation. Mais bon, il faut ce qu’il faut pour une belle photo!

Le soir venu, nous décidons de prolonger cette longue journée en allant observer le coucher de soleil et la Voie lactée au lac Peyto. On est seuls avec nos amis et 2 belges, c’est calme et c’est beau. Les étoiles arrivent de plus en plus nombreuses au dessus de ce lac turquoise à la forme d’une patte d’ours.

Les derniers jours nous avons eu la chance de retrouver 2 couples d’amis, un tout droit venu de Bordeaux et l’autre venu du Quebec, que nous avions rencontré plus tôt pendant le voyage.

Nous clôturons cette magnifique région de Banff avec la découverte de 2 derniers cols bien raides (Cory Pass et Sentinel Pass) ainsi qu’une visite des lacs Bourgeau, situés a 2500 m de hauteur, au pied du mont Bourgeau.