GR 20 – Jour 3 jusqu’au refuge d’Ascu Stagnu

On le sait, celle-ci va être dure. L’étape d’aujourd’hui prévoit 6 heures pour gravir 800 mètres de dénivelé positif et 400 négatif, sur 5 kilomètres.

On passe une première passerelle suspendue assez vertigineuse mais le chemin est ensuite très praticable, comparé à l’escalade de la veille. Nous trouvons rapidement notre rythme, on avance et ça fait du bien au moral.
Premier arrêt au lac de la Muvrella, le point de vue est très étendu sur la vallée. Le soleil se lève doucement, nous profitons des dernières zones ombragées pour finir notre ascension.
Encore un dernier effort et nous atteignons les 2000 mètres d’altitude du col de la Muvrella. On retrouve du monde au sommet, les discours tournent rapidement autour du paysage : c’est magnifique. On est au cœur des montagnes corses et on se rend compte que la côte s’éloigne de plus en plus.

Il nous reste maintenant une dernière bonne descente et nous arrivons à la station de ski qui fait office de refuge puisque fermée en été. On retrouve même un peu de civilisation, puisqu’une route dessert la station et quelques bus circulent.
On prend le temps de se reposer et de sympathiser avec des randonneurs qui nous suivent depuis le premier jour. Les discussions tournent assez rapidement autour de l’étape du lendemain, la plus dure du GR..

GR 20 – Jour 2 jusqu’au refuge de Carrozzu

Départ toujours aussi matinal, pour éviter une ascension sous fortes chaleurs. La nuit a été mouvementée, dû à d’autres randonneurs qui faisaient le GR dans l’autre sens et qui fêtaient leur dernier nuit comme il se devait. Les jambes tirent au réveil, le dos aussi mais à notre grande surprise, très peu d’ampoules. Nous voilà donc rassurés!
Aujourd’hui nous attendent 700 mètres de dénivelé positif et 900 mètres de dénivelé négatif, sur 6,5 kms. Le guide annonce 7 heures. Ce temps nous parait très long, on commence à se questionner sur ce qui pourrait nous ralentir. Sans se poser davantage de questions, on se dit que ça doit être lié au fort dénivelé. En fait, ça sera bien pire que ça…
Mais revenons à notre énergie et bonne humeur de début de journée. La première ascension est en effet coriace, avec de grosses aulnes, telles des marches à gravir. Les cuisses ne tardent pas à chauffer!

Arrivée en haut, nous marchons au bord d’une falaise qui donne sur le cirque du Ladruncellu à 2000 mètres d’altitude. Cette sensation vertigineuse donne un charme tout particulier à cet endroit. Nous restons quelques minutes à admirer ce paysage sauvage, ce qui nous permet aussi de reposer nos jambes.
Après ces émotions, nous reprenons la route avec une idée en tête : trouver le refuge.

On aperçoit assez rapidement sur la montagne d’en face un autre chemin. Il nous parait loin mais on se fait rapidement à l’idée que la journée est loin d’être finie et on enclenche un pas soutenu.
Nous sommes assez vite arrêté par une première paroi à grimper, assez atypique pour une randonnée.
Une fois ce mur franchi, on s’aperçoit que c’est le premier d’une longue série!On découvre ainsi une des caractéristiques des sentiers du GR : la roche. Et pour la franchir, pas d’autres choix que de pratiquer l’alpinisme. Qui ne s’avère pas si évident avec 10 kilos sur le dos
2 heures plus tard, nous voilà au bout de ces passages difficiles. Même si nous n’avons pas avancé de beaucoup de kilomètres, nous sommes contents d’avoir fini ce passage sportif 🙂

On aperçoit ensuite le refuge en contre bas, il nous reste environ 2 heures de descente dans les cailloux.
On enclenche un pas soutenu, enfin pas pour longtemps.. Clara dévale rapidement la pente non pas sur les jambes mais sur les fesses, emmenée par son sac. Quelques égratignures seulement mais une belle frayeur qui calme un peu notre rythme.
Le mental est toujours là, on arrive au refuge sous la pluie. Nous avions un peu sous estimé cette étape. Celle du lendemain est décrite comme encore plus difficile. On va donc aller lire la typologie, manger un bon plat de pâtes chaud et finir par se reposer sans tarder.

 

GR 20 – Jour 1 Le départ de Calenzana

Il est 5h, le réveil sonne, notre rituel de rangement de tente et matériel commence. 6h, nous prenons le départ avec un mélange d’excitation et de peur. Nous grimpons dans le village de Calenzana à la recherche du départ du GR. Pas de grande difficulté pour le trouver, puisque malgré l’heure et la nuit, nous ne sommes pas les seuls au départ de cette belle aventure.

La première ascension nous offre rapidement une magnifique vue du village encore endormi. On s’éloigne peu à peu de la côte, pour s’enfoncer dans les montagnes, qui nous tiendront compagnie pendant les semaines à venir.

Quelques heures de marche plus tard, premier bilan de la difficulté de ce sentier redoutable. Le principe est assez simple, on grimpe, comme on pouvait l’imaginer, on redescend, pas de surprise non plus, on grimpe à nouveau, on redescend et on grimpe encore, et ce jusqu’à trouver le refuge.

Psychologiquement c’est assez compliqué de ne jamais savoir si c’est la dernière montée de la journée, alors on avance et on se dit qu’il en reste toujours une autre derrière 🙂
On tire une leçon de cette première journée et on se note de lire les topologies de notre guide chaque soir pour anticiper l’épreuve du jour d’après. Et oui, parce que la force des jambes se trouve dans le mental!
Nous arrivons au refuge à 14h, après avoir grimpé 1360 mètres sur 10,5 kms, nous nous endormons sans trop de difficulté..

 

Jour 0 – Une nouvelle aventure

Quelques mois après notre retour en France, nous voici de nouveau avec la bougeotte. Une idée de longue date traîne dans nos esprits. Etant grands amateurs de randonnée, de jolis paysages et quelque peu de défis sportifs, la voie semblait toute tracée en direction de la randonnée la plus difficile d’Europe : le GR 20.
Ce sentier permet de traverser la Corse du Nord au Sud à travers pas moins de 200 kms et 15 000 mètres de dénivelé. Evidemment, tous ces efforts sont récompensés car c’est aussi un des plus beaux sentiers d’Europe.
La traversée s’effectue en 16 étapes, le Nord en contient 9 et est réputé comme la partie la plus technique. Le Sud est moins vallonné mais offre des journées plus longues en kilomètres.

Nous voici donc à la veille de notre départ, nous n’avons pas vraiment pris le temps de travailler sur ce projet si ce n’est l’achat de bons équipements, quelques randonnées dans les Pyrénées et surtout 3 semaines de vacances devant nous, ce qui nous laisse le temps d’une étape par jour.

 

 

Cauterets – Col d’Aratille et Col des mulets

Après quelques mois de pause dû à notre retour en France et notre emménagement, nous repartons sur les sentiers de randonnée pendant le long week-end de l’Ascension.

On choisit d’aller profiter du beau temps dans les Pyrénées, proche de Cauterets, pour gravir les cols d’Aratille et des mulets. Il y aura donc.. du dénivelé. Mais c’est un choix voulu, cette reprise marque aussi le début d’un entrainement pour notre prochain défi sportif/voyage… à suivre! 🙂

Départ donc jeudi après midi sous un soleil de plomb avec une température estivale à plus de 25 degrés. Équipés de nos nouveaux sacs à dos de randonnée, nous voici partis pour la première journée de randonnée qui se terminera au refuge Wallon. Nous sommes accompagnés d’un ami, voulant profiter de l’air de la montagne.

Nous observons assez rapidement la première faune, avec 2 isard au loin (un peu trop pour une photo) à la recherche d’herbe. On entend rapidement des marmottes, que l’on observe aussi quelques minutes plus tard.

Après 4 heures de marche et 500 m de dénivelé, nous arrivons au refuge. Il est situé dans une vallée, entourée de montagnes. On aperçoit même un peu de neige au loin, on se situe à 2100 m d’altitude. Le beau temps est toujours au rendez-vous, on profite des derniers rayons de soleil pour boire une bière et tremper nos pieds dans la rivière. Pas trop longtemps finalement, parce que l’eau est glacée 🙂 Ce refuge est le seul des Pyrénées a n’avoir pas eu encore droit à une rénovation. Disons qu’il y a pile poil ce qu’il faut pour dormir, ni plus, ni moins. A table, nous échangeons avec d’autres randonneurs. On partage nos parcours du lendemain, ce sera les cols d’Aratille et des mulets pour nous. Tiens, c’est marrant on commence à nous parler crampons et raquettes à neige. Equipements, qui, bien évidemment, ne font pas du tout partis de nos 10 kgs de bagages respectifs. Certains nous conseillent de partir tôt pour avoir une neige qui tient, certains plus tard pour qu’elle ait le temps de ramollir, certains sont plus catégoriques en nous recommandant de ne pas y aller. Après mure réflexion, on décide de se lever pas trop tôt ni trop tard et puis on opte pour du « On verra bien ». Et puis de toute façon, notre 2ème nuit dans le refuge, de l’autre côté des cols, étant déjà réservée, on n’a rien à perdre à le tenter.

Réveil matinal donc, qui nous permet d’admirer la vallée sous un autre angle, avec les couleurs du matin. On part à la fraîche, et on atteint rapidement le lac d’Aratille, au pied du col d’Aratille. Jusqu’à là, aucun soucis, pas de neige sur le chemin. Par contre, le lac est complètement gelé, et depuis ce point on peut apercevoir notre prochain destination, le col d’Aratille. On observe bien, vraiment bien même, le chemin à suivre grâce à une trace de pas dans la neige qui gravit le long du col. La montée s’annonce corsée mais on garde notre idée première « On verra bien ».

On glisse, on s’enfonce, et on galère. Mais surtout, on comprend beaucoup  mieux la question des crampons ou des raquettes, qui bien évidemment, nous aurait quelques peu facilité la tâche.  Sportifs que nous sommes, on lâche rien et on finit par venir à bout de cette montée. On arrive en haut du col, à 2500 m d’altitude. Que c’est beau! Une vue 360 sur la chaîne de montagne avec en premier plan le Grand Vignemale qui gravite à 3300 m face à nous. Il est évident que nous choisissons ce spot pour notre pose pic-nique.

Notre randonnée continue en longeant la montagne pour atteindre le début du prochain col. Après une traversée en devers, nous apercevons, au loin le col des Mulets qui s’élève face à nous. Puisque nous montons encore en dénivelé, il va sans dire qu’il y a de plus en plus de neige, et notre deuxième ascension s’annonce plus corsée. Surtout que la neige a eu le temps de fondre, donc on s’enfonce de plus en plus. Juste avant d’attaquer notre ascension, on croise un couple qui vient à l’inverse de nous. Ils ont l’air confiants, en nous disant que le chemin ne glisse pas trop par contre, oui on s’enfonce jusqu’aux genoux. Ils finissent par nous dire « Chapeau d’avoir grimpés sans crampons », bon c’est pas comme si c’était un choix délibéré mais on repart pas peu fiers de ce compliment. Cette deuxième ascension se passe sans encombres, si ce n’est qu’on prend notre temps, parce qu’en effet, on s’enfonce beaucoup et la montée est très raide. On fait attention à chaque pas, pour pas se retrouver à dégringoler dans la vallée. Après de beaux efforts, on atteint les 2600 m du col des Mulets. On est seuls au monde, on admire une nouvelle vallée, c’est à couper le souffle.

Maintenant qu’on est devenus des pros de la grimpette, une autre épreuve nous attend : la descente. Et pas n’importe laquelle, puisque le chemin est complètement enneigé et donc ça glisse. Je ne sais pas si ce sont nos cerveaux, nos âmes d’enfants ou encore nos cuisses fatiguées qui réfléchissent à ce moment là, mais ni d’une, ni deux, on pose nos fesses sur nos protections de pluie de sac à dos et on descend.. en luge ! On peut dire que ça marche plutôt bien! En quelques minutes, nous voilà presque en bas, d’où on aperçoit notre 2ème refuge, le refuge des Oulettes de Gaube.

Ce refuge est beaucoup plus moderne, il a d’ailleurs de la bière en pression! On sort le jeu de cartes, les tongs et on se repose. Après une soirée conviviale avec les autres randonneurs, il est temps de rejoindre notre dortoir et ses lits superposés à 3 étages.

Au réveil, direction notre point de départ, avec une bonne descente qui nous attend. Sur notre route, on croise beaucoup de marmottes, de moins en moins farouches les unes des autres. On arrive rapidement au lac de Gaube. Je ne sais pas si c’est l’effet de surprise mais Whouah. On en prend plein la vue. Il y a du monde certes, mais ça n’enlève pas la beauté de ce petit coin de paradis.

On arrive enfin au parking, toujours sous le même soleil de plomb mais avec un peu moins d’énergie qu’au départ. Ce week-end a l’air de la montagne permet de valider nos sacs de randonnée et recharge nos batteries pour reprendre le travail !