Yellowstone pluvieux, Yellowstone heureux. Mais cette météo n’a pas mis en péril le but premier de ce voyage, ce que nous attendions le plus depuis notre départ : La chasse à l’ours.
Armé d’un véhicule tout terrain, d’un flair de lynx, d’œil de loup, d’une endurance de coyote et .. d’une bombe à ours, nous voici sur le départ.
Les premiers kilomètres parcourus nous ont permis de découvrir la beauté de Yellowstone. C’est le parc le plus ancien des États Unis et une des plus belles merveilles du monde. Des fumées de souffre s’échappent de chaque plaine, qui sont elles même entourées de montagnes enneigées, qui elles mêmes abritent lacs et rivières.
La première étape de notre chasse se déroula dans les zones des geysers. En effet, nous avions lu que les animaux aiment se balader le long des jets de souffre car c’est là où la neige fond en premier. Après un hiver rude, ils sont contents de retrouver un peu de terre ferme.
Nous avons vu des paysages extraordinaires. On pense notamment au grand prismatic qui est, avec la champagne pool de la Nouvelle Zélande (référence pour les fans qui nous suivent depuis le début), une merveille du monde. Un endroit où le fin fond de notre planète s’exprime de manière si variée et étrange à la fois. Nous sommes ensuite allé à la rencontre du geyser star du parc : Lone Star geyser, un peu plus en retrait donc moins fréquenté. Ce geyser qui entre en éruption toutes les 3 heures environ fait un bruit de réacteur d’avion tellement son jet est puissant. Nous remplissons nos souvenirs de magnifiques paysages mais.. toujours pas d’ours.
La deuxième étape de notre chasse nous a amené à parcourir la partie nord du parc, qui est plus sauvage. Après s’être renseignés, nous avons davantage de chance de voir les animaux à l’aube ou au crépuscule, nous organisons donc nos journées en fonction. Tôt le matin, nous commençons nos randonnées et en fin de journée nous chassons à bord de notre véhicule tout terrain. Des les premières randonnées, nous admirons un paysage très différent. En effet, nous grimpons entourés de montagnes enneigées et prenons de la hauteur sur des plaines à perte de vue. Lors d’une randonnée, nous voyons au loin venir droit sur nous, un mammifère. Plus il s’approche et plus il apparaît petit, bien trop petit pour être un ours.. Quand il s’arrête à 5 mètres de nous, le temps se fige et nous sommes bel et bien face à un magnifique coyote. Nous passons tous quelques minutes à se dévisager et le coyote décide de se décaler de quelques mètres pour nous laisser passer.
Le soir venu, nous passons au plan B de notre chasse et nous prenons la route. La première alerte se fait rapidement quand nous apercevons un mammifère, beaucoup plus haut ce coup-ci non loin de la route avec quelques voitures arrêtées. On s’approche, plein d’espoir (toujours la bombe à ours pas très loin), et là.. un élan. Il est beau, très beau même, on prend le temps de l’admirer mais ce n’est pas un ours.
La route continue, nous sommes plein d’espoir. Nous entrons dans la vallée de Lamar au Nord Est du parc, réputée pour sa faune abondante. Les paysages sont grandioses, on s’éloigne un peu des montagnes pour entrer dans d’immenses et magnifiques plaines parcourus par des ruisseaux. On remarque un attroupement de voitures au loin, ce qui est souvent signe qu’un animal s’y trouve, on se rend doucement sur place. Ce n’est pas un, ni deux, ni dix mais bel et bien des centaines de bisons que nous apercevons ! Quelle surprise ! C’est un animal surprenant et épatant à observer. Les oiseaux se promènent sur leur dos sans trop les déranger. Par contre les bisons sont éparpillés le long de la route et parfois sur la route, ce qui cause pas mal de bouchons. On s’en moque, on a le temps 🙂
Le jour tombe, nous décidons de faire demi tour en se disant que nous ne rentrons pas complètement bredouille. Sur le chemin du retour, une voiture est arrêtée sur le bord, et une personne semble insister à vouloir regarder en direction des montagnes à l’aide de jumelles. Qui ne tente rien n’a rien, nous allons lui tenir compagnie en lui demandant par curiosité ce qui l’intrigue. Et là! A 200 mètres de nous, couché en haut d’un rocher : Un ours ! Tant d’efforts pour apercevoir ce (petit) mammifère! On l’imaginait plus noir car c’est un ours noir alors qu’en réalité ils sont plutôt bruns. L’ours semblait faire sa sieste en relevant sa tête de temps à autre pour chasser les moustiques. Nous rentrons à notre camping tout sourire, notre chasse porte enfin ses fruits !
Le lendemain soir, après une journée randonnée sans rencontre animalière, nous reprenons notre chasse plein d’espoir. Le temps n’est pas avec nous, le ciel est sombre et les nuages sont très menaçants. On se dit qu’il en faut un peu plus pour effrayer un ours. Nous optons cette fois ci pour la partie Sud Est du parc où les ours sont moins fréquents mais ces derniers temps, certains s’y sont promenés. Après une route sous une pluie battante on décide de faire demi tour, bredouilles. Sur le bas côté où nous voulions nous garer pour repartir, une voiture est arrêtée et une personne regarde au loin dans ses jumelles, trempée. Un rapide coup d’œil à la plaine et là! Non pas un ours.. mais un grizzly! Ça va au delà de nos espérances ! En effet si les ours noirs sont communs dans le parc, il y a seulement une centaine de grizzly qui restent souvent bien cachés. Malgré la pluie, on passe un long moment à l’observer. Il gratte le sol, cherchant à manger, il part parfois en courant, dès qu’un orage éclate, il se lève et nous regarde. C’est un très beau moment.
Notre semaine à Yellowstone touche presque à sa fin et nous profitons de notre dernière journée en randonnant. Sur la route de l’allée, plusieurs arrêts dès que l’on voit un attroupement mais ce sont plus souvent pour des bisons, wapitis ou élans que pour des ours, moins fréquents. Parmi nos arrêts, un s’est avéré intéressant. Et oui, notre chasse ne s’arrête plus! A quelques dizaines de mètres de la route, derrière un arbre en contre bas : un ourson! Il faisait la sieste et on voyait sa tête et ses petites oreilles se relevaient de temps à autre. Nous ne sommes pas restés très longtemps car nous ne savions pas où était la mère 🙂
Sur la route du retour, un peu fatigués par l’enchaînement des 5 jours de randonnées et par nos chasses nocturnes, nous baissons notre garde. Il faut dire qu’on a déjà été bien gâtés! Nous entrons tout à coup dans un bouchon de voitures. On notera que ce sont les seuls bouchons que l’on apprécie car ils sont signes d’animaux 🙂 On voit plusieurs Rangers qui font signe aux voitures de circuler. On se dit qu’on est arrivés trop tard. On obéit aux Rangers et on circule prudemment. Quand tout à coup! Sur le bas côté, non pas un, ni deux mais plusieurs ours ! Un maman et ses petits ! A une vingtaine de mètres seulement! On comprend mieux pourquoi les Rangers se sont mobilisés, les ours sont proches et c’est dangereux. On arrive à prendre quelques clichés à la volée et on repart, le sourire aux lèvres.